L’histoire méconnue et incroyable d’une Fantaisie en Fa mineur signée Mozart

1791. Nous sommes à Vienne, Autriche.

Mozart connait, une fois de plus, une angoissante détresse matérielle. Comment survivre ? Comment gagner un peu d’argent, facilement et, surtout … rapidement ?
A cette époque-là, à Vienne, la grande mode est à l’orgue mécanique. Une drôle de machine à faire des sons, certains disent de la musique … une machine qui tient autant de l’horlogerie que de l’instrument de musique.

Mozart rencontre alors l’un des plus prestigieux collectionneurs de ce mystérieux instrument, le comte Joseph Deym von Stržitež. Ils vont faire affaire.
Le comte exulte de fierté de commander une pièce « savante » à l’illustre compositeur pour un instrument cantonné jusqu’alors à des partitions de divertissement.
Mozart, quant à lui, se trouve provisoirement renfloué et, en pinçant le nez, peut-être, compose pour cet instrument qui ne l’inspire guerre au point de le nommer « l’orgue pendule… ».

Quand on est un génie, orgue-pendule ou pas, et qu’on le veuille ou non, on compose un chef d’œuvre d’une intensité dramatique et en total contraste au regard des piètres capacités de l’instrument.
La Fantaisie en Fa mineur ne sera jamais éditée. Oubliée. Perdue.
Mais nous sommes loin de la fin.

Bien après la mort de Mozart, son épouse Constanze, signale avoir trouvé un manuscrit propriété du comte Joseph Deym von Stržitež. Mozart aurait-il réalisé une transcription pour 4 mains ou 2 pianos ? On ne le sait pas.
Les années passent. Jusqu’à ce que le hasard place ce manuscrit dans les mains de Beethoven. Le maître est infiniment impressionné par cette œuvre oubliée, incroyablement enthousiaste par les audaces rythmiques et par l’extrême complexité à jouer cette Fantaisie. Il en fait une copie à la main … qui malheureusement disparaît elle aussi.
L’histoire n’est pas finie !

Car, si le manuscrit de la main de Beethoven est bien perdu, l’original découvert en 1800 parvient, on ne sait comment, dans les mains de Busoni, fasciné par sa complexité et sa science contrapuntique. Il se l’approprie et en fait une version à 4 mains et même pour deux pianos.

La Fantaisie devient une œuvre majeure du répertoire Mozartien. Une œuvre difficile, redoutable, une œuvre composée quelques semaines avant la mort du génie.

Grâce au talent du grand maître du quatre mains et à la fougue d’un incroyable jeune talent nous serons le 19 novembre à Vienne, Autriche, en 1791. Avec vous j’espère, à qui je n’ai plus besoin de dire ce que fait Coline en Ré.

 
 


19 novembre 2018. 

190 ème anniversaire de la mort de Schubert.

On a beau être un génie et le maitre incontestable du lied, en avoir composé plus de 600, avoir écrit quelques-uns des plus beaux chefs-d’œuvre, entre classique et romantique, avoir été adulé par les initiés, et mille autres choses encore, il n’est pas bon d’être le contemporain, dans la même ville de Vienne, d’un immense génie – nous parlons de Beethoven – quand bien même on l’admire absolument.

Au point que pendant les 20 mois qui séparent la mort de Beethoven et la sienne, comme libéré d’une ombre trop grande, Schubert multiplie les chefs-d’œuvre, comme une avalanche.

La sonate D664 qui sera jouée le 19 novembre, pour le 190 ème anniversaire de sa mort, une œuvre magnifique s’il en est ! est une sorte de tour de force pour le compositeur qui ne parvenait pas à écrire une sonate jusqu’au bout. Schubert est d’ailleurs coutumier des œuvres inachevées …
C’est pour lui un « exploit » d’avoir écrit une sonate en entier !

… la suite : ici

 
 
 
 
 
 
 

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